Une prise de conscience s'opère en l'enfant : ses parents savent répondre à ses besoins les plus profonds. Privé de cette possibilité, la résistance de l'enfant reste superficielle, braquée sur un unique objectif : obtenir son gâteau.

Derrière ta résistance de l'enfant se cache - d'abord la colère, puis la tristesse, enfin la peur. Avec un enfant sensible, les parents devront avant tout déceler les différents niveaux de colère, de tristesse et de peur, et montrer à l'enfant qu'ils ont bien compris ce qu'il voulait.

Avec un enfant actif, il faudra également cerner ses principales émotions, mais se concentrer davantage sur ce qu'il fait ou souhaite faire. Ainsi vous pourrez lui dire : «Je sais que ni as dû interrompre tes activités pour venir chercher un gâteau. Tu es en colère parce que tu veux ce biscuit et que je te demande d'attendre la fin du repas. » Vous lui montrerez d'autant mieux que vous le comprenez en mettant l'accent sur l'aspect physique des choses, et en lui disant clairement ce que vous voulez qu'il fasse.

Avec les enfants expansifs, qui demandent de la distraction, vous pourrez adapter votre discours de la façon suivante : «Je sais que tu veux un biscuit maintenant. Tu es en colère parce que ni en as envie et que je refuse de te le donner. Regarde, nous allons prendre ce biscuit et l'emballer pour qu'il te soit servi après le dîner. Ce soir, nous allons manger du saumon avec de bonnes patates douces. Regarde comme elles sont belles... »

Avec les enfants réceptifs, qui ont besoin de repères et de rythme, introduisez la dimension temporelle. Dites par exemple : «Je sais que tu veux un biscuit maintenant. Tu es en colère parce que tu n'as pas envie d'attendre. Mais pour l'instant c'est l'heure de se préparer pour dîner, et c'est après le dîner que nous prendrons le dessert. Nous dînons d'abord, et nous prendrons le dessert ensuite. » Parlez en termes d'étapes pour les rasséréner.

Si ces quatre variantes correspondent chacune à un tempérament précis, sachez que la version originale fonctionne dans tous les cas de figure. N'oubliez pas que ces quatre tempéraments se retrouvent en chaque enfant. Si bien que chacune de ces variantes sera, en définitive, applicable à n'importe quel enfant.

Pour vaincre la résistance de l'enfant, deux approches s'affrontent généralement : la manière forte et la manière douce. Les partisans de la première se disent à tort : « En acceptant qu'il me tienne tête, j'en ferai un enfant gâté. Il ne doit pas oublier qui commande. » Si cette vision des choses a fait son temps, elle demeure vraie sur un point : pour devenir des êtres confiants, les enfants ne doivent jamais perdre de vue que ce sont les parents qui décident.

Bien que les enfants soient friands de pouvoir, en vérité celui-ci nuit à leur bien-être. Ils ont besoin de grandir dans l'univers magique de l'enfance sans avoir à porter le poids des responsabilités. Un gamin livré à une multitude de choix développe un sentiment d'insécurité qui n'est pas sans conséquences. Devenant sourd à son instinct naturel de coopération, il se montre exigeant, égoïste, capricieux — en un mot : plus coriace.

Si le vieux proverbe « Qui aime bien châtie bien » a du plomb dans l'aile, remplaçonsle simplement par « Qui aime bien dirige bien ». Le nouveau message à inculquer aux enfants.