Grand-parents, de l'amour en plus

Ma mère appelait sa grand-mère Bonne-Maman, son grand-père Bon-Papa. Pour moi, c'était Mamie et Papi. Pépé et Mémé étaient aussi très répandus dans les années 1960à 1980.

Pour mes enfants, c'est : Miman, Nanan, Papou... Tout, sauf Mamie et Papi, des sobriquets connotes « personne âgée ». Nos grands-parents d'aujourd'hui sont des seniors actifs. C'est la fameuse génération du baby-boom, devenue papy-boom ! Pas forcément le cheveu gris, pas forcément au logis et pas forcément disponible !

À la différence de leurs aînés, les grands-parents actuels ne sont pas si bien préparés à sauter d'un cran dans l'échelle des générations. Auparavant, c'était simple, réglé comme une partition musicale : on était enfant, puis parent et, enfin, grand-parent. Maintenant, la tradition a valsé et la naissance du premier petit-enfant est souvent bouleversante : émotionnellement et psychologiquement ! On n'y est pas aussi bien préparé, car la famille traditionnelle contemporaine n'a rien à voir avec celle d'hier. Les enfants naissent hors mariage, les familles se décomposent et se recomposent...

Les grands parents prennent un peu plus le temps de s'occuper d'activités avec bébé comme par exemple, le bain, les massages  mais aussi de raconter une histoire le soir. Les parents sont souvent occupés à leur travail et leur journée du landemain...

Pas facile de se construire une nouvelle identité et de se situer dans le tout nouvel organigramme familial, surtout quand le jeune grand-parent a l'impression de ne pas avoir terminé sa mission de parent. Il se pose des questions. « Suis-je désormais vieux/vieille ? »

C'est pourtant le moment de laisser son costume de parent au vestiaire, d'endosser celui de grand-parent. Ensuite, chacun trouvera sa place et, autour d'un nourrisson, il y a de la place pour tout le monde !

Bébé aime aussi que papy ou mamy lui change ses couches avec des "areuu areuuu"  et "gouzi gouzi..."

Ensuite, l'aventure de la grand-parentalité est unique pour chacun. Une aventure basée sur des relations de tendresse, de confiance et, surtout, de plaisir. Comme les grands-parents d'antan, ceux d'aujourd'hui représentent toujours un socle de l'histoire familiale. Témoins vivants de « là d'où vient le bébé », ils tissent avec chacun de leurs petits-enfants un lien unique, débarrassé du rôle éducatif, essentiellement basé sur l'échange et le plaisir.

Si la loi protège le lien d'un enfant avec ses ascendants, c'est parce que le grand-parent reste un réfèrent. C'est celui qui permet à l'enfant de s'inscrire dans l'histoire familiale. Un lien qui se construit à travers les premiers regards, câlins, bras tendus ou repas partagés en dehors du sein de maman ! C'est finalement une histoire d'amour qui ne s'écrit ni ne s'invente. Elle se vit avec ses joies, ses déceptions, ses frustrations aussi. Frustrations souvent dues à l'éloignement géographique ou à la mauvaise qualité des relations grands-parents/parents.