L'enfant de 3 ans est capable de se représenter les êtres qui lui sont chers, même s'ils sont absents. Il peut les imaginer, les évoquer par la parole et il sait qu'ils n'ont pas disparu pour toujours. Les séparations deviennent donc pour lui beaucoup moins pénibles, moins inquiétantes. Mais il a encore besoin d'y être préparé afin de ne pas être pris au dépourvu et désemparé. C'est pourquoi un certain nombre de précautions s'imposent.

Ne partez pas sans le lui dire

La première recommandation est de prévenir l'enfant que vous allez partir ou que lui-même va se trouver éloigné de vous pendant quelque temps. Expliquez-lui les raisons et les conditions de cette séparation. Dites-lui qui va l'accueillir, où et pour combien de temps. Prenez le temps de lui dire au revoir, même s'il pleure. Si vous sortez juste pour une soirée, dites-lui au revoir avant qu'il ne s'endorme : dans tous les cas, ne vous absentez pas sans qu'il le sache.

S'il va passer quelques jours hors de chez lui, laissez-le emporter des affaires personnelles en veillant bien à mettre dans ses bagages le fameux objet transitionnel - peluche, mouchoir, doudou , qui lui rappelle son foyer et dont il peut encore avoir besoin pour s'endormir.

Ne faites aucune promesse (de retour à telle heure, d'appel téléphonique) que vous ne pourriez pas ensuite respecter, vous risqueriez de perdre sa confiance et de faire naître en lui un sentiment d'insécurité. Racontez-lui ce que vous allez faire en son absence. Si son père (ou sa mère) part seul(e) pour plusieurs jours, évoquez-le régulièrement et donnez de ses nouvelles à l'enfant.

Un enfant, surtout très jeune, accepte plus facilement d'être séparé de ses parents lorsqu'il est confié à des adultes qu'il connaît bien ou, du moins, qu'il identifie à une situation donnée. Pour des séparations courtes mais répétées, il faut donc essayer, autant que possible, de toujours faire appel à la même personne.

Ne vous inquiétez pas

Loin de vous, l'enfant pourra se plaindre de douleurs, mal dormir ou «régresser» dans divers domaines, tels que l'alimentation, le langage ou la propreté. C'est ainsi qu'il marque son refus de votre absence. À votre retour, il vous manifestera peut-être de l'indifférence, de l'agressivité ou au contraire se montrera très dépendant de vous affectivement. Ces difficultés sont généralement passagères. Il importe que vous respectiez son mécontentement, voire son anxiété, sans pour autant remettre en cause les motifs qui vous ont conduit à vous éloigner de lui.

Car les séparations, bien sûr, ne posent pas de problèmes qu'à l'enfant. Elles inquiètent aussi très souvent les parents, qui peuvent avoir tendance à culpabiliser ou qui acceptent mal de faire confiance à d'autres adultes, parfois perçus comme des rivaux.

Pourtant, ces expériences de séparation sont indispensables pour mener l'enfant sur le chemin de l'indépendance. Vous devez donc les assumer pleinement, sans vous sentir coupables, mais en vous efforçant de les rendre le moins sinistres possible pour votre enfant.

ÉVITER L’ANXIÉTÉ

Ne vous absentez jamais sans prévenir votre enfant, quel que soit son âge. Réjouissez-vous ouvertement du fait qu'il est maintenant capable de se passer (un peu) de vous. Avant toute séparation, même très brève, expliquez-lui comment va se passer ce moment sans vous : qui va le garder où, combien de temps...

Veillez à ce qu'il ait avec lui ses objets et ses jouets favoris. Prenez le temps de lui dire au revoir; mais ne cédez pas à ses pleurs éventuels et ne vous éternisez pas au moment de partir Ne lui promettez pas de revenir «tout de suite», alors que ce n'est manifestement pas vrai. Confiez-le de préférence à des personnes qu'il connaît bien, si possible toujours les mêmes.